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sérialisation de la laitue

La sérialisation est l’avenir de la sécurité alimentaire

La Food Safety Modernization Act (Loi américaine relative à la modernisation de la sécurité alimentaire) demande aux entreprises de réduire les risques par anticipation. La traçabilité au niveau des unités est la prochaine étape logique

L’année 2018 a été terrible pour les producteurs de légumes à feuilles vertes.

Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC pour « Centers for Disease Control and Prevention »), des épidémies d’E. coli liées à la laitue romaine ont infecté 272 personnes dans 39 États et dans le district de Columbia. 121 d’entre elles ont été hospitalisées et 5 sont décédées.1 Des épidémies liées à de la romaine récoltée dans la même région sont également survenues au Canada. Un rappel a été émis et ces deux pays ont publié un avertissement concernant toute la laitue romaine.

Outre le bilan humain, le coût des rappels peut être énorme. Une étude de 2012 menée par la Grocery Manufacturers Association (GMA) et le Food Marketing Institute a conclu que le coût direct moyen d’un rappel aux États-Unis s’élevait à 10 millions de dollars. Dans une étude distincte, GMA a indiqué que 18% des multinationales interrogées avaient dépensé entre 30 et 90 millions de dollars pour un seul rappel et que 5% d’entre elles avaient été impliquées dans des affaires de rappel dont le coût avait dépassé les 100 millions de dollars.

En prenant également en compte les coûts indirects tels que les frais de justice et l’atteinte à la réputation des marques et des catégories de produits, voire même des industries entières, il est facile de constater que les rappels représentent un problème majeur.

Au cours de l’épidémie de romaine, le docteur Bob Whitaker, chef de la direction scientifique de la Produce Marketing Association, a conseillé à l’industrie des légumes à feuilles vertes de « préparer des données de retraçage ». C’était une manière d’avouer que l’industrie alimentaire avait encore beaucoup de chemin à parcourir pour répondre aux demandes de la chaîne d’approvisionnement moderne, où des données produit précises, granulaires et en temps réel sont essentielles pour atténuer les effets des situations d’urgence et rester compétitives.

La traçabilité sérialisée de bout en bout et au niveau des unités est désormais la norme dans l’industrie des sciences de la vie, où, comme dans l’industrie alimentaire, la pureté et l’authenticité d’un produit peuvent être une question de vie ou de mort. De même, la sérialisation a le potentiel d’accroître la rapidité et la précision des enquêtes sur la sécurité alimentaire tout en réduisant la portée et le coût des rappels et des retraits de produits.

Aujourd'hui, nous pouvons imaginer un monde où chaque sachet de salades mélangées ou chaque coquille de baies porte un identifiant unique qui peut être suivi depuis le cueilleur et la parcelle de récolte exacts à la distribution et la vente en détail, en passant par l’emballage, le conditionnement et la palettisation, jusqu’à l’arrivée chez le consommateur.

Nous pouvons également imaginer qu’il soit donné aux consommateurs les moyens de tout savoir sur la provenance de l’article précis qu’ils tiennent en main. Et s’ils pouvaient scanner votre article dans le magasin pour s’assurer qu’il ne fait pas l’objet d’un rappel ? Et si vous pouviez leur envoyer un message après qu’ils l’ont ramené chez eux ? Et si vous pouviez leur dire que l’article qu’ils tiennent en main avait été fait l’objet d’une analyse pour détecter des objets étrangers ou d’un test de contamination ce jour même ?

Lors du Food Safety Consortium qui a eu lieu l’année dernière à Chicago, des représentants du CDC et de la Food and Drug Administration américaine ont donné une présentation portant sur la première épidémie liée à la romaine de 2018, qui a débuté en avril et semble s’être terminée fin juin. Selon le rapport de Food Safety Tech, ils ont identifié plusieurs défis. En voici quelques-uns :

  • Les informations sur le lot de production disparaissent au point de service.
  • Avoir des produits mélangés empêche le retraçage.
  • Les autorités mettent du temps à examiner les dossiers des entreprises.
  • Le conditionnement n’est pas transparent quant à l’endroit où le produit a été cultivé.

Passons en revue un scénario dans lequel des personnes déclarent être tombées malades après avoir consommé de la laitue romaine provenant de sachets achetés dans un magasin de vente au détail. Grâce à la sérialisation, voici à quoi la chaîne d’événements pourrait ressembler :

  • Les consommateurs qui se sentent malades peuvent signaler le numéro de série de l’emballage par téléphone ou éventuellement par le biais d’un lien envoyé par le détaillant, qui contient un code-barres 2D et transmet le numéro unique du conditionnement.
  • Tous les produits de cette parcelle de récolte sont immédiatement signalés puisque le retraçage va jusqu’aux cueilleurs/parcelles, et il est ensuite retransmis aux articles même sur l’étalage ; pas seulement à un centre de distribution.
  • Avec les riches données issues de la sérialisation, nous savons quels articles de la même boîte sont sur l’étalage et lesquels sont toujours dans la boîte.
  • À mesure que davantage de données deviennent disponibles, les autorités peuvent identifier le problème et seuls les articles concernés sont retirés de l’étalage.

Les avantages de la sérialisation sont importants et les coûts diminuent. Les consommateurs interagissent davantage avec les marques et attendent davantage de données sur les produits. En reconnaissant ces réalités, et dans le cadre omniprésent de la Food Safety Modernization Act, les entreprises du secteur alimentaire devraient se tourner vers la sérialisation et la traçabilité au niveau des unités afin de fournir les données nécessaires à la protection de leurs opérations et à leur prospérité sur le marché, aujourd’hui comme à l’avenir.

1 Voir les informations des CDC du 28 juin 2018 et du 9 janvier 2019.

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